Nature au sommet du 29 juillet au 12 août 2018

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Nature au sommet du 29 juillet au 12 août 2018

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Alice, 16 ans
Des voyages scientifiques qui changent le monde
Des aventures hors du commun, des projets réels pour le développement durable

Le Journal de Bord

Lundi 30 juin 2018

Pour ce premier jour, voici un compte-rendu rédigé par la participante Alice.

Au programme de ce premier jour : Escalade et Biodiversité !
Départ vers 9h45 du centre direction Grimentz, arrivée vers 11h00 sur le site des Crets pour une belle journée d’escalade. On démarre par une voie assez facile (une de difficulté 3), Catherine et Sylvain m’expliquent comment se servir du matériel, comment se positionner sur la roche. Sylvain part en premier pour installer les dégaines qui vont servir à le sécuriser ainsi que les suivants, je passe donc en seconde, Catherine m’assure. *photo de la descente*

En suite pause dej’ avec une jolie vue sur la Corne de Sorebois

13h30 début de la deuxième voie (difficulté 4c) cette fois Catherine passe en premier, moi, toujours en seconde. Celle-ci est un peu plus dure que la première, les prises sont plus petites et il y a un passage dans une faille un peu complexe mais j’arrive au sommet tout de même (il faut savoir que je n’avais jamais fait d’escalade). On finit par une descente en rappel sur une petite pente pour comprendre le système.

En redescendant on s’arrête pour deux-trois « défis botanique », je dois trouver certaines inflorescences et caractéristiques morphologiques pour identifier certaines fleurs.

Après ça nous rentrons au centre par le téléphérique pour une bonne nuit de sommeil ! Après un bon diner et une partie de sporz un peu d’astro et au dodo.

Mardi 31 juillet 2018

Aujourd’hui, direction notre premier sommet ! Deux sommets même puisque nous prévoyons une randonnée permettant de passer à la fois au sommet du Schwarzhorn et du Rothorn ! Mais pas de dénivelé important, l’objectif aujourd’hui est de s’entraîner physiquement pour la marche en altitude et de commencer à repérer les plantes et insectes d’altitudes qui seront étudiés au cours de la quinzaine.
Après une approche en bus et télésiège, nous voici à pied d’œuvre au pied du Schwarzhorn, et commençant la journée par la découverte du « Popeye », un criquet au nom moins évocateur de Gomphocère des Alpages, dont le mâle est facilement reconnaissable à ses pattes avant renflées comme le célèbre personnage de dessin animé. Comme il s’agit d’une des espèces de criquet remontant le plus haut en altitude, il fera parti des espèces que nous suivrons au cours de nos ascensions de sommets durant ce séjour !

Alice se voit également confier 3 « passeports » qui sont en fait des petits documents afin de récolter des données sur 3 espèces particulièrement étudiées sur Nature au sommet. Il s’agit de la Renouée vivipare Polygonum viviparum, l’Homogyne des Alpes Homogyne alpina, et la 3e est choisie par Alice, il s’agira du Saxifrage fausse-mousse Saxifraga bryoides. Il s’agit donc pour Alice de repérer ces plantes à l’aide d’une photo, de les identifier à l’aide de la clé d’identification créée par les précédents participants à Nature au sommet, puis enfin de récolter des données de présence de ces espèces selon l’altitude, l’orientation ou le secteur du Val d’Anniviers.

Arrivés au sommet du Schwarzhorn, c’est l’heure pour un bon pic-nic adossé au cairn sommital.

Malheureusement, le temps se dégrade et les nuages s’accumulent, l’orage approche ! L’ascension du Rothorn présentant quelques difficultés, nous prenons la décision de ne pas prendre le risque d’être surpris sur l’arête par la pluie, et redescendons en direction de St-Luc en prenant tout de même le temps de faire quelques observations naturalistes supplémentaires et même une petite initiation à la progression sur névé, au cas où nous en rencontrions plus tard sur d’autres sorties !

Mercredi 1 août 2018

Il est temps de passer aux choses sérieuses ! Nous partons donc pour le funiculaire de Tignousa qui nous emmène directement dans les Alpages du village de St-Luc. Et tout le matériel est emmené : corde, baudrier, casques, mousquetons, dégaines, plaquettes, coinceurs câblés et mécaniques … Après s’être installés auprès d’une zone de rochers, nous voilà partis pour une école d’alpinisme. Présentation du matériel, progression corde tendue, assurage et progression sur plusieurs longueurs, et enfin rappel pour redescendre du bloc rocheux gravi par un système de fissures : toutes les méthodes de base de l’alpinisme rocheux sont passées en revue afin d’être au point pour les prochains jours.
Mais tout cela ne nous empêche pas d’observer quelques sympathiques plantes et insectes, comme la Gentiane pourpre Gentiana purpurea et une super chenille non identifiée.

Malheureusement, la pluie est de nouveau au rendez-vous cette après-midi, et nous redescendons donc un peu plus tôt que prévu à St-Luc pour découvrir le marché artisanal du 1er août à l’occasion de la fête nationale suisse !
Le temps restant est utilisé pour d’abord discuter du protocole que nous utiliserons dans les prochains jours pour suivre l’évolution de la flore et de la faune en altitude, puis pour préparer notre départ du lendemain matin avec comme objectif l’ascension des Becs de Bosson. Analyse des cartes, du parcours, choix du « transect » (secteur du chemin dont nous analyserons en détail les fleurs et quelques espèces d’insectes), préparation du matériel d’alpinisme, de bivouac et de la nourriture, tout est finalement fin prêt !

Jeudi 2 août 2018

Aujourd’hui, c’est le grand départ, bus et œufs nous emmènent donc au-dessus du village de Grimentz de l’autre côté du Val d’Anniviers. Une randonnée en direction d’une crête nous emmène à l’altitude 2455m, au moment même où nous basculons sur le versant sud de la montagne : c’est le point où nous avons décidé de commencer notre transect d’étude de la flore, transect qui finira demain au sommet des Becs de Bosson.
20 espèces de plantes sont d’ores et déjà recensées au démarrage du transect, dont certaines de nos espèces « cibles » que nous étudierons particulièrement comme la Benoîte des montagnes Geum montanum, ou alors quelques espèces intéressantes, comme la Silène des rochers Silene rupestris, une espèces non encore recensée par les projets Biodiversita dans le Val d’Anniviers !
Le transect continue, ponctué de nombreuses observations et identifications, avant d’arriver à proximité du Lac de Lona, où l’observation de trois chamois viennent agrémenter cette randonnée dans de magnifiques paysages.
Avant le repas bien mérité, c’est tout d’abord une séance d’étirements, yoga et gymnastique qu’improvisent Alice et Catherine sur les berges du lac au pied de la montagne de Sasseneire, quel beau cadre !

Après un bon plat de pates préparé avec le réchaud, nous nous sommes vite couchés dans nos duvets pour se réchauffer, avec le magnifique ciel étoilé au-dessus de nos têtes.

Vendredi 3 août 2018

Lever 7h30 ce matin, avec les premiers rayons de soleil qui luisent sur le lac. Alice n’a pas très bien dormi mais la motivation et l’envie d’atteindre le sommet des Becs de Bosson n’a pas faibli.
Après un bon ptit déj de tartines et un café chaud, nous plions tout le bivouac et allons le cacher dans des rochers proches du lac afin de partir le sac le plus léger possible. Nous voilà donc repartis sur l’itinéraire du transect. Belle surprise, nous découvrons plein d’Edelweiss le long de la montée vers la cabane des Becs de Bosson. Peu après la cabane, nous décidons de nous encorder afin de progresser en corde tendue le long de l’arête : Sylvain ouvre la voie, Alice suit puis Catherine en fin de cordée. La vue est magnifique de part et d’autre de notre parcours, on en a plein la vue. Nous arrivons rapidement au premier ressaut rocheux. Nous nous encordons alors en flèche : Catherine assure Sylvain qui passe en tête pour installer des points d’assurage, à l’aide de coinceurs câblés et mécaniques. Tous les 20-25 mètres, Sylvain installe un relais et assure alors l’ascension d’Alice et Catherine, chacune encordée sur un brin de corde différent. Catherine suit Alice de près pour pouvoir l’aider si besoin, et récupère au fur et à mesure le matériel installé par Sylvain avant de le lui rendre à l’arrivée au relais.

Et c’est ainsi que nous avons enchaîné plusieurs longueurs d’escalade, 5 ou 6, tout en restant attentifs aux plantes encore présentes à ces hautes altitudes. C’est finalement vers 14h que nous atteignons le sommet.

Là-haut, c’est magnifique, et l’équipe s’attable avec grand appétit et satisfaction sur le rocher sommital, avec la vue à 360 degrés sur les montagnes aux alentours. Les courageuses plantes présentes au sommet sont au nombre de 5 : le Génépi Artemisia genipi, le Céraiste à larges feuilles Cerastium latifolium, le Saxifrage sillonné Saxifraga exarata, le Saxifrage à feuilles planes Saxifraga muscoides et le Saxifrage à feuilles opposées Saxifraga oppositifolia. « Saxifraga » veut littéralement dire « qui casse les pierres ». Il s’agit d’un genre qui réunit des espèces de plantes aimant vivre dans les rochers, et qui s’installent volontiers en altitude comme nous pouvons le constater ici.

Après s’être régalés de sandwichs de pain tortillas, nous repartons en corde tendue de l’autre côté du bec. L’itinéraire est superbe : il nous fait passer par une arche, puis un « totem » de pierre, avec une vue toujours aussi impressionnante.

En bas, des lacs et méandres de ruisseaux, suivis de montagnes rocheuses, puis à l’horizon des successions de sommets, avec les plus lointains blanc de neige. A notre grande joie, nous découvrons un petit groupe de 9 Lagopèdes alpins ! Ces oiseaux d’altitude sont rares et difficiles à voir, nous sommes sacrément chanceux ! On les observe aux jumelles un bon moment marchant, voletant en faisant de petits bonds nous permettant d’entrevoir quelques belles plumes blanches. Pendant l’hiver, tout leur plumage est blanc, ce qui leur permet de se confondre dans la neige.
La redescente se fait tranquillement, et cette fois nous cherchons à retrouver toutes les espèces de plantes observées à la montée, afin de noter leur altitude maximale.

Nous arrivons enfin au Lac de Lona vers 18h, bien fatigués mais ravis de la journée. Le transect est presque fini, il ne nous restera plus qu’un bout de chemin à faire le lendemain matin en rentrant. Nous réinstallons le bivouac, et cuisinons un bon repas de lentille-quinoa avec une bonne sauce sur le réchaud. Il ne fait pas encore nuit, alors nous décidons de nous balader pas loin du lac pour tenter d’observer d’autres chamois aux jumelles. Et là, bingo ! Nous trouvons un groupe de 11 chamois, qui s’amusent à se poursuivre, à se suivre en tournant en cercles, à hocher de la tête. Nous restons à les contempler un bon moment avant de revenir nous coucher.

Et là, belle surprise, Etienne, un ami passionné de montagne, également éducateur en géologie à OSI, nous rejoint pour passer la nuit avec nous. Il faut dire qu’il était passé en planeur au-dessus du lac quelques heures avant et que la vue de nos duvets et couvertures de survie installées au bord du lac lui ont donné envie de nous rejoindre. L’équipe, au nombre de 4, se couche donc, avec un beau lever de lune orangée sur l’horizon.

Samedi 4 août

Ce matin, on se réveille en pleine forme avec le lever du soleil sur le lac. Tout le monde a bien dormi, et Alice a été ravie de cette nouvelle nuit de bivouac dont elle a pu mieux profiter. Elle a même vu plein d’étoiles filantes.

Après le petit déjeuner et le rangement du bivouac, nous voilà repartis tous les 4, avec nos fiches de relevés de données en main pour terminer notre dernier tronçon du transect.

Nous arrivons juste à temps au funiculaire pour prendre le bus qui nous ramène au Cervin à l’heure du déjeuner. L’après-midi, c’est temps libre et repos. Alice choisit de lire dans le petit salon et de bien prendre le temps de s’étirer. Le soir, c’est la grande fête car beaucoup de participants présents sur le centre repartent demain matin. Chacun a choisi des musiques et c’est José qui s’improvise en DJ pour animer une boom mémorable.

Dimanche 5 août

Après une petite grasse matinée, nous voilà de nouveau au boulot. Nous nous concentrons ce matin sur notre clé d’identification des plantes de haute altitude du Val d’Anniviers. En effet, nous avons de nouvelles espèces à y inclure, que nous avons observées ces derniers jours à plusieurs reprises au-delà de 2700 mètres. De plus, nous cherchons à améliorer les critères d’identification et le vocabulaire utilisé dans la clé pour qu’elle soit la plus facile et compréhensible possible. Tout cela prend du temps, et c’est déjà l’heure du déjeuner.
L’après-midi, Alice choisit de se reposer pour pouvoir mieux profiter des prochains jours. Ce sera donc de la lecture au programme dans le cadre agréable de l’hôtel du Cervin qui est bien calme aujourd’hui, car beaucoup de participants des autres séjours repartent et les nouveaux n’arriveront qu’en fin d’après-midi.
Après le dîner, la veillée rassemble tous les nouveaux participants et les anciens qui restent une semaine de plus. Un jeu de mémoire et de rapidité permet à tous de retenir très vite les prénoms de chacun, tout le monde s’y amuse bien et la semaine s’annonce très chouette avec ce nouveau groupe.

Lundi 6 août

Aujourd’hui, la météo est incertaine pour l’après-midi. On décide donc de faire une journée d’escalade, ce qui nous permettra de pouvoir vite se réorganiser si la pluie nous surprend. Nous choisissons le site de Bella Tola, qui se trouve à environ 1h de marche depuis le haut du funiculaire de Tignousa. L’accès aux voies n’est pas évidente : on traverse un gros pierrier, puis il faut remonter une pente herbeuse très pentue. Mais nous ne sommes pas déçus par la récompense à l’arrivée : une vue magnifique sur les sommets de la vallée en face, avec les Becs de Bosson qui culminent et se détachent nettement sur l’horizon. Après un petit inventaire botanique de toutes les plantes que nous voyons autour de nous, on a déjà faim et on s’attaque avec appétit à notre pique-nique de luxe en profitant de la vue : tsatziki, pain pita et baguette fraiche, avocat, houmous, fromage, nectarines, miam miam !

Une fois bien repus, Alice pleine d’énergie enchaîne 3 voies d’affilé : deux voies de 4b et une de 4c.

On décide ensuite de redescendre pour ne pas risquer de se faire surprendre par l’orage. On fait une belle marche jusqu’au chemin des planètes et on arrive de retour au funiculaire pile au moment où la pluie se met à tomber fort.
Le soir, après le dîner, c’est de nouveau une veillée « Sporz » animée par Sylvain qui nous fait passer un bon moment à tous et qui nous aide à mieux connaître les participants de cette nouvelle semaine qui commence.

Mardi 7 août

Aujourd’hui, Alice se joint à l’équipe « A l’affut de la biodiversité ». Elle a ainsi participé à un transect organisé par Konan dans les environs de l’Hôtel du Cervin, dont le but est d’inventorier les arbres présents au niveau de la limite des arbres, afin de voir comment celle-ci évoluera au fil des années.

Mercredi 8 août

La journée s’annonce fort sympathique : on a décidé de faire une grande voie en trois longueurs, côtées 5A. La voie s’appelle « Julie » et elle démarre juste à côté du site d’escalade Bella Tola où nous avons passé notre lundi. Si le temps nous le permet, on essaiera peut-être de finir à pieds jusqu’au sommet le plus proche. Peut-être même que cet itinéraire pourra faire l’objet d’un futur transect si les passages en falaise offrent de belles observations de plantes. Arrivés en bas de la voie, on s’encorde en flèche, avec Sylvain qui installe la corde devant, Alice et Catherine qui suivent chacune sur un brin de corde. Alice est de plus en plus à l’aise en escalade. On enchaîne nos trois longueurs sans difficulté, et on prend le temps de noter les plantes que l’on rencontre dans les parois. Arrivés en haut, on profite d’un bon pique-nique avec vue à 360 degrés. On est particulièrement contents parce que l’idée d’utiliser cette grande voie pour réaliser un transect qui se terminerait au sommet nous paraît fort intéressante. Notre repérage n’aura donc pas été inutile. Nous pourrons mettre en place dans les années à venir un nouveau transect plus difficile techniquement, et permettant d’inclure des passages en parois et de diversifier ainsi le type de plantes cible. Nous redescendons en rappel jusqu’en bas des voies. Alice maîtrise parfaitement la technique.

En repartant, nous passons voir les équipes Mineo et Biodiversita qui s’apprêtent à camper dans les environs de la mine de Garboula cette nuit. Ils travaillent à un beau projet de pompage d’eau dans la mine qui est inondée depuis des années. Ils sont accompagnés de l’expert géologue des mines du Val d’Anniviers, Stéphane Ansermet, qui a pris ce projet très à cœur. C’est la seule mine dans laquelle il n’a pas pu explorer les minéraux à cause de l’eau. En plus, l’entrée est atypique, et pourrait indiquer une exploitation très très ancienne, ce serait une première pour le Val d’Anniviers.
De retour à l’hôtel du Cervin, nous nous retrouvons en petit comité : l’équipe Nature au Sommet, les parents accompagnants les participants des séjours Mineo et Biodiversita, Étienne, Émilie (la responsable du programme Mineo) et sa famille. Nous dînons tous ensemble puis nous jouons au jeu « Code Names » avec tisanes et chocolat, une soirée bien sympathique.

Jeudi 9 août

Aujourd’hui nous avons décidé de travailler sur nos données, et de valoriser tout ce que nous avons fait jusque là. C’est en quelque sorte la préparation de la retransmission que nous faisons. D’habitude celle-ci se fait le samedi, sous forme de présentations grand public avec des stands et présentations powerpoint. Exceptionnellement, nous avons décidé de faire cette retransmission sous forme d’article synthétisant toutes nos avancées sur le projet, afin de nous permettre de repartir faire un sommet en fin de semaine lorsque la météo sera de nouveau favorable.
Le matin, nous avons pris le temps de nous balader autour de l’hôtel afin de noter les espèces cibles présentes à cette altitude. L’après-midi, Alice s’est attelée à la rédaction d’un document de questions-réponses permettant de réfléchir au protocole de « Nature au sommet », pendant que Sylvain réarrangeait de nouveau la clé des plantes d’altitude et que Catherine préparait les fiches de données pour le transect prévu le lendemain.
Après cette journée plus studieuse, la veillée a été animée de grands fous rires avec le jeu du « carré magique » pendant lequel les participants devaient se déguiser pour ne pas se faire reconnaître par le jury constitué de Sylvain, Alice et Étienne. Le carré magique est un jeu de mémorisation : une grille de dessins est posée devant le jury. Tant que les participants ne sont pas démasqués par le jury, ils peuvent observer le feuille de dessins pour tenter de les mémoriser. Une fois de retour à leur « camps de base », ils doivent reproduire sur une feuille vierge le maximum de dessins qu’ils ont pu retenir. A la fin du jeu, l’équipe qui a su reproduire le maximum de dessins de la grille, et avec la meilleure précision possible gagne.

Vendredi 10 août

Nous voilà repartis pour un nouveau et dernier transect jusqu’au Sommet de la Couronne de Bréona cette fois-ci ! Aujourd’hui, on se contente d’arriver tranquillement au lieu de bivouac, au niveau du Lac de la Bayena, tout en avançant au maximum le transect afin de gagner du temps le lendemain.

Arrivés au Lac de la Bayena, un magnifique spectacle de 3 jeunes hermines jouant entre elles, en bondissant et en se poursuivant dans tous les sens nous a captivés pendant une bonne demie-heure. Quelle chance on a eu d’assister à cette scène familiale. On a aussi pu photographier des traces d’hermines fraîchement imprimées dans la boue sur le bord du lac. C’est assez exceptionnel de pouvoir observer de si belles empreintes. D’habitude, les hermines sont trop légères pour laisser voir leurs empreintes, à moins de les voir dans de la neige en hiver.

Le soir, Étienne nous rejoint, avec une magnifique surprise dans le sac : de la fondue pour 4 : 2kg de fromage, une bouteille de vin, de la maïzena, un gros pot au feu et un réchaud, le tout accompagné de 2kg de pain ! Miam miam on se régale, c’est un grand moment ! Tout le monde mange avec appétit la fondue, tout en s’enthousiasmant du contexte féerique du lieu de bivouac : le lac, la montagne et le glacier de Moiry au loin qui se reflètent dans l’eau.

Étienne repart après le dîner. Il devait faire la course avec nous le lendemain mais malheureusement il s’est fait mal à l’épaule la veille et doit se résoudre à se reposer. On ne tarde pas à se coucher, sous le ciel étoilé, ravis de finir le séjour avec une dernière course à un sommet.

Samedi 11 août

Réveil 7h...ohlala il a gelé cette nuit, nos couvertures de survie et sursacs sont tout gelés ! Mais personne n’a eu froid et tout le monde a sacrément bien dormi : 9h de sommeil au moins. Avec ça, on attaque la journée en pleine forme.
On part un peu en retard par rapport à ce qui était prévu, vers 9h. Il faut dire que le lever de soleil sur le Lac nous a émerveillé. Et puis il a fallu sécher puis aller cacher nos affaires de bivouac dans les rochers.
Nous démarrons la course, papiers du transect sous le coude pour noter les altitudes minimales d’apparition des espèces de plantes, et arrivons rapidement au col du Tsaté où nous nous encordons. On continue le long de l’arête jusqu’au col de Bréona en corde tendue, avec Sylvain devant, Alice au milieu et Catherine fermant la marche.

Ensuite, les passages d’escalade se succèdent. Il s’agit d’une course « PD » (« peu difficile »), donc plus compliquée que la course des Becs de Bosson qui était notée « F » (« facile »). Mais avec l’entraînement des jours précédents, l’équipe carbure et nous passons toutes les difficultés facilement. Mais la course est tout de même longue et nous arrivons au sommet seulement vers 14h. Là la vue est magnifique : on voit toujours le glacier de Moiry, mais aussi le lac et le barrage.

Le pique-nique a encore une fois du succès, et Alice profite d’avoir du réseau pour narguer ses parents au téléphone. On prend le temps de faire une photo mythique d’Alice avec sa « fafa » (son doudou qui la suit partout aux bivouacs et jusqu’aux sommets depuis le début du séjour).

Puis nous redescendons, avec toujours les feuilles de données de transect dans la poche pour noter cette fois les altitudes maximales de chaque espèce observée. Tout se passe bien, nous profitons de l’ambiance enivrante des hauts sommets. La redescente se passe sans problème, par contre nous n’arrivons pas à rattraper notre retard par rapport au planning initialement pensé.

Pas grave, la course nous a réjouit et on est satisfait de revenir avec un nouveau transect réalisé précis et complet. Nous arrivons finalement au Cervin vers 21h, bien fatigués mais ravis. On s’installe à dîner tout en s’amusant de l’ambiance de la Boom qui a déjà commencé. Après le dîner, Alice finit son sac, puis on s’échange nos photos. Alice reçoit ainsi une clé « Objectif Sciences » avec toutes les photos, ainsi qu’un t-shirt et des autocollants, pour compléter le cadeau de loupe qui lui avait été donnée en début de séjour. Encore une petite séance de lecture et tout le monde se couche.

Bilan du projet scientifique

Cette année nous sommes très contents des deux transects réalisés sur les deux sommets « Becs de Bosson » et « Couronne de Bréona ». Nous avons pu identifier plusieurs nouvelles espèces de plante et peaufiné le protocole pour nos transects. De plus, nous avons amélioré et fait évolué notre clé d’identification des plantes de haute montagne du Val d’Anniviers en ajoutant de nouvelles espèces et en améliorant les critères d’identification pour qu’ils soient plus clairs. Par ailleurs, nous avons repéré un potentiel nouveau transect à faire en passant par la grande voie de Julie. Les « passeports de plantes » remplis par Alice permettront de rassembler des données spécifiques sur les plantes cibles de notre projet, et qui pourront être complétés au fur et à mesure des prochains séjours. Nous avons aussi commencé à prendre de belles photos des plantes cible et comptons bien constituer une belle bibliothèque de photos.
Avec toutes ces belles avancées, nous avons réfléchi à un beau projet pour les mettre en valeur : celui de réaliser un livret d’information sur les plantes de haute montagne du Val d’Anniviers, qui inclurait notre clé d’identification des plantes ainsi que les photos réalisées par les participants pendant les séjours. Ce livre pourrait ainsi être mis à disposition dans les offices du tourisme des alentours, et tous les noms des participants y seront mentionnés, bien entendu !

Eh bienmaintenant, vivement l’an prochain que l’on retrouve une belle équipe pour continuer nos beaux projets ! Et merci à Alice pour ces deux belles semaines passées ensemble, et pour sa motivation et sa contribution au projet « Nature au sommet » !

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