Accueil > Nos actions > Séjour Nature au Sommet du 05 au 19 Juillet 2026
Introduction
C’est parti pour la conquête des sommets du Val d’Anniviers, à l’affût des plantes alpines ainsi que des papillons, oiseaux et autres animaux qui croiseraient notre chemin, afin d’étudier l’impact du changement climatique sur la faune et la flore d’altitude.
Equipés de nos filets à papillons et de nos loupes, de tout ce qu’il faut pour bivouaquer, randonner, et même faire de l’alpinisme, nous allons vivre deux semaines intenses d’immersion dans les hautes montagnes afin de réaliser des protocoles tout au long de nos ascensions.
Le Journal de Bord
Dimanche 5 juillet 2026
Après des voyages plus ou moins longs et fatigants, tout l’équipe est bien réunie ce soir au centre des Choucas à Chandolin, à la fraîcheur des hauteurs du village à 1930m d’altitude. On se réunit après le repas avec Cathy, notre éducatrice, qui nous présente le labo Biodiversita avec toute sa bibliothèque de bouquins naturalistes ainsi que le programme de la semaine. Cela s’annonce dense et passionnant !
Lundi 6 juillet 2026
Ce matin, on démarre avec un jeu de groupe avec tous les participants logés au centre pour apprendre les prénoms de chacun. Puis nous rassemblons nos affaires et notre pique-nique pour partir en direction du Lac Noir. On triche un peu car on grimpe directement à l’étage alpin avec un télésiège. Nous voilà donc déjà dans un milieu d’altitude, idéal pour faire notre première initiation botanique. Après une petite marche, on s’installe au lac où on fait un petit jeu avec des cartes illustrées, qui nous permet d’apprendre rapidement le vocabulaire de base pour décrire une plante. On fait une pause pique-nique avec une magnifique vue puis on se met en route pour notre premier sommet du séjour : le Schwarzhorn. Il n’y a pas beaucoup de dénivelé mais ça grimpe vite et on termine dans un énorme pierrier de grosses pierres stabilisées, qui nécessite de monter en s’aidant des mains. C’est l’occasion d’identifier nos premières saxifrages : le Saxifrage fausse mousse Saxifraga bryoides et le Saxifrage sillonné Saxifraga exarata. Ce sont des plantes que l’on retrouve typiquement dans les milieux rocheux (Saxifraga veut dire « qui casse la pierre » littéralement). Nous rencontrons aussi un Taupin (un insecte de l’ordre des coléoptères) ainsi qu’un énorme coussin de Silène acaule qui abrite aussi d’autres plantes. Au sommet, on savoure la vue un moment (on voit même le Mont Blanc au loin !), et on a la joie de voir un Accenteur alpin. Puis on redescend tranquillement en continuant nos observations. On aura appris aujourd’hui déjà plus d’une dizaine de plantes à reconnaître, dont la Joubarbe des montagnes, le Trèfle des Alpes, la Myrtille, l’Impératoire, la Campanule barbue, l’Airelle des marais, le Séneçon blanchâtre … On rencontre aussi notre premier papillon, surnommé le Boomerang (mais de son vrai nom : le Satyrion), la Cicindèle des Alpes (un coléoptère très coloré qui court vite au sol) ainsi que 2 criquets : la Miramelle des moraines et le Criquet Popeye avec ses tibias très renflés. Une famille marmotte nous réserve aussi un petit spectacle un peu plus loin. Comme on redescend tout à pied, la journée se termine en une belle marche agréable en traversant différents milieux, et en finissant bien au frais sous la forêt.
On arrive juste à l’heure pour se doucher avant le dîner.
La soirée se finit avec un jeu de groupe « Code chiffre ».
Mardi 7 juillet 2026
Rédaction par Léopold, Pauline, Hava, Clémentine et Rebecca
Alors que le soleil, deja haut dans le ciel,
Dorait de ses rayons le chalet des Choucas,
Nous nous préparâmes à cette journée nouvelle,
En remplissant des sacs bien trop lourds, hélas,
Accablant de leurs poids notre pauvre carcasse.
Quand l’astre à son zénith sonnait l’heure du départ
Nous, naïfs enthousiastes, montèrent dans le car
Ignorant l’éprouvant périple qui poignait
Culminant au dessus de l’alpage de La Lée
Notre lieu de bivouac, sanctuaire de paix.
Rédaction par Cathy
Ce matin on prépare nos sacs à dos pour partir 2 nuits en bivouac à la belle étoile, avec comme objectif la réalisation de notre premier protocole altitudinal d’étude des plantes alpines au Col du Pigne. Une fois la logistique terminée, on se rassemble pour discuter du protocole et de l’organisation des journées à venir. Après un repas pris tôt, on part avec les cars postaux pour arriver aux Plats de La Lée en début d’après-midi. La montée au bivouac se fait à un bon rythme, et chacun gère bien son gros sac à dos, avec des petites pauses et observations de plantes par ci et par là. Arrivés au lieu de bivouac, tout le monde est ravi. La vue est magnifique. Le temps de s’installer et de faire un brin de toilette à la rivière, et nous voilà réunis autour de notre premier dîner de bivouac (cuisiné au réchaud) : un mix de céréales avec de la soupe de potimarron et de la roquette, un vrai régal dans ce décor idyllique. Pour couronner le tout, un Gypaète barbu vient cercler au-dessus de nos têtes puis se poser dans la falaise derrière notre bivouac, on se demande s’il ne nicherait pas juste là. C’est une chance exceptionnelle d’avoir pu l’observer de si près ! Le Gypaète reste un vautour très rare dans nos montagnes, et le fait de le voir garantit que l’on se trouve dans un milieu riche et préservé ! Après une soirée jeux de cartes avec des couleurs de coucher de soleil exceptionnelles, on se couche la tête sous les étoiles.
Mercredi 8 juillet 2026
Rédaction par Cathy
On se lève avec les premiers rayons du soleil à 7h30. Le petit déj est un régal, avec fromage et œufs comme souhaité par le groupe en plus des céréales et des tartines. Le Gypaète vient faire un tour au-dessus de nos têtes. On part avec nos petits sacs à dos à la journée, et on démarre notre protocole à 9h30 au départ du sentier qui mène au col. Au début, on stagne un moment dans ce qu’on appelle la « zone départ » afin de faire un inventaire le plus exhaustif possible des plantes présentes. Puis on se répartit les rôles : Clémentine est en charge de repérer les animaux (oiseaux, insectes etc) et se munit donc du filet à papillons. Léopold prend les notes d’altitude des plantes sur la fiche de données. Cathy rentre les données observées sur l’application Obsmapp (qui permet ensuite d’envoyer nos données sur la plateforme observations.org, qui alimente la plus grosse base de données mondiale (le GBIF pour Global Biodiversity Information Facility) sur la biodiversité. Rebecca, Hava et Pauline ont en main les cartes illustrées des plantes cibles à repérer (il y en a 60 en tout !), et ont la tache de surveiller de part et d’autre de notre sentier à quel moment on les voit pour la première fois, afin de noter leur altitude minimale. Au bout de 4 heures de prospection attentive, nous trouvons un morceau d’ombre sous un rocher pour prendre le pique-nique bien mérité : tortillas, houmous et guacamole, saucisson, crudités, c’est un pique-nique de luxe. Le redépart est plus difficile : ça monte bien raide dans des cailloux plus ou moins stables parfois. Après une bonne grosse heure de montée on arrive au niveau de chaînes pour passer dans des rochers bien escarpés, et qui débouchent enfin sur notre col. Ouf, tout le monde a tenu bon, c’était quand même plus de 850 mètres de dénivelé positif au total. Il nous faut traverser un névé pour aboutir à la vue plongeante sur le glacier de Moiry, époustouflante ! De nouveau, on fait un inventaire exhaustif des plantes présentes dans ce qu’on appelle « la zone sommet » (qui est ici un col), et on récolte 2 specimens dans notre petit herbier transportable pour les identifier au labo plus tard (une graminée ainsi qu’une céraiste). Nos plantes cibles vainqueurs du sommet sont : la Saxifrage fausse mousse et le Séneçon blanchâtre. De belles photos de groupe et un grignotage de récompense de l’effort, puis on redescend. Cette fois, nous avons la tache de noter les altitudes maximales des plantes cibles. Nous progressons lentement dans les passages dérapants, et tout se passe très bien. Au final, ce n’est qu’à 18h que nous rentrons au bivouac, c’était une belle grosse journée, et tout le monde est ravi de retrouver notre petit promontoire de bivouac. Le Gypaète barbu repasse nous voir, encore plus proche cette fois. Encore une autre surprise, après le dîner pendant le jeu de cartes du soir, une dizaine de cerfs s’approchent à moins de 10 mètres avant de se rendre compte qu’on est là et qu’ils fassent demi-tour ! Deuxième nuit sous les étoiles ! Nous rentrons demain matin après le petit déj !
Jeudi 9 juillet 2026
On se lève dès 6h40 pour se préparer à la redescente et ne pas rater le bus qui passe à 10h. Pendant la descente, le groupe fait des jeux de devinettes, c’est agréable et on se sent léger avec les sacs vidés de la nourriture. Après 1h de bus, on est de retour au centre, et on a 1h de pause pour atterrir, passer aux douches avant le déjeuner. L’après-midi passe vite avec des temps de pause (sieste et jeux), de lessive, des temps d’écriture du journal de bord en groupe et la consolidation des données du transect (identification de certaines espèces de papillons et plantes prises en photos, numérisation des fiches …).
Vendredi 10 juillet 2026
Aujourd’hui, on se prépare de nouveau pour partir une nuit en bivouac au Lac de Tounô ce soir, (à 2655m d’altitude) et réaliser un second transect demain au sommet du Tounô. On prend le bus puis le funiculaire de St Luc pour prendre un sentier en balcon jusqu’au lieu de pique-nique au bord d’une cascade. Après 1h de marche supplémentaire, nous voilà au départ du transect. La répartition des rôles du dernier transect semblant convenir à tout le monde, on garde la même répartition des taches, et on est bien efficace à inventorier les espèces de la zone départ. Clémentine attrape au filet un Petit apollon, un papillon exclusivement de montagne qui vit le long des cours d’eau, il est magnifique ! Puis on chemine tranquillement tout en réalisant le transect, qu’on interrompt au moment de bifurquer vers le Lac du Tounô où on installe notre campement. Certains explorent les éboulis environnant pendant que d’autres se reposent, puis on se rassemble tous autour d’un bon plat de pâtes-tomates séchées. Des Niverolles alpines nous survolent, on entend même un Tétra-Lyre (très rapidement), et il y a même des edelweiss sur la crête aux abords du lac. Une partie de jeu de cartes avec un magnifique coucher de soleil, et nous voilà couchés, prêts à repartir demain.
Samedi 11 juillet 2026
Voilà la jour J du sommet du Tounô. Après avoir rangé notre bivouac, on retourne à l’intersection entre le lac et le sommet, et on reprend le transect là où on en était la veille, cette fois avec le sac tout léger car on reviendra au bivouac pour le pique-nique. Il ne reste plus beaucoup de plantes cibles à repérer si bien qu’on arrive au sommet en moins de 2h. Là-haut, on passe un certain temps à profiter de la vue et à inventorier toutes les plantes présentes. Cette fois il y en a beaucoup ! Parmi elles, la Saxifrage à feuilles opposées, connue du monde scientifique pour avoir le record d’altitude de tout l’arc alpin (4507m au Dom des Mischabel en Suisse, et sinon 4070m sur le pilier sud de la Barre des Ecrins en France) ! On trouve aussi du Génépi noir, plusieurs plantes de la famille des brassicacées : Arabette bleuâtre, Arabette du Caucase, Cresson des chamois … , de magnifiques coussins fleuris de Silène acaule. La redescente se fait tranquillement au rythme des plantes cibles de nouveau repérées cette fois pour leur altitude maximum. On est de retour tout pile à midi au lac, où on déguste un bon pique-nique. La météo est très couverte et ce n’est pas si mal pour échapper aux grosses chaleur. Après avoir rechargé le gros sac, on finit le transect dans une atmosphère tranquille et apaisée, avec une petite tendance aux micro-gouttes de pluie, plutôt agréable au final. On finit le transect avant la pluie ! Il nous reste à revenir au funiculaire, et on sait que c’est le créneau où la menace de pluie est la plus grande. Mais le timing est parfait puisqu’on n’a plus qu’à marcher et qu’on a rentré toute les fiches de données de transect. On marche à bon rythme, et effectivement la pluie nous rattrape en chemin, et même un peu de grêle, mais pas assez pour décourager le groupe. Arrivés au funi, tout le monde décide de continuer à pieds pour rentrer au centre des Choucas plutôt que de prendre le funi puis le bus. On s’en sort bien car la pluie se calme vite et la fin de notre rando est magnifique et très agréable : on passe de l’étage alpin au subalpin dans des landes à éricacées luxuriantes. On arrive au centre en pleine forme, ravis, pressés de prendre une bonne douche avant le goûter. Ce soir c’est la grande fondue suisse traditionnelle de fin de semaine puis une veillée musicale animée pour marquer le coup car une bonne partie des participants aux différents séjours du centre repartent demain matin.
Dimanche 12 juillet 2026
Aujourd’hui, Benoît rejoint notre équipe pour venir en renfort sur la partie d’alpinisme ainsi que les protocoles. C’est notre journée de repos, mais qui sera bien remplie par une petite école d’alpinisme. Benoît nous répartir le matériel nécessaire : baudrier, casque, longe, descendeur …. Puis nous partons avec le télésiège pour rejoindre un petit col où Benoît nous explique toutes les techniques de progression d’alpinisme. Après le pique-nique, place à la pratique. On s’encorde et on simule dans un cahot rocheux toutes les manips utiles à la progression en corde tendue, avec une multitude de points d’assurages divers et variés avec sangles, coinceurs cablés et friends, dégaines magiques. On finit avec une initiation à la descente en rappel auquel tout le monde prend bien goût. On reprend le télésiège pour revenir au centre en fin d’après-midi. On se rassemble en début de soirée pour discuter du programme de la semaine à venir. Benoît et Catherine on réussit à choisir le combo parfait de sommet, tout pile comme on le souhaitait : un premier sommet bien sportif mais pas forcément très technique, et un deuxième sommet plus technique.
Sur le premier sommet, nous n’avons pas d’objectif de protocole mais plutôt d’explorer une zone inconnue du programme et dans laquelle nous n’avons aucune donnée. Pour le deuxième sommet, nous ferons un protocole faune, bien différent de ce que l’on a fait jusque là. Comme ça, on aura fait un peu de tout !
On commence déjà à préparer nos sacs (on a bien l’habitude maintenant) pour pouvoir partir dès le milieu de matinée demain. Attention, cette fois, on embarque avec nous le baudrier, le casque et les cordes ! On part donc demain pour la montée au bivouac, puis on prévoit mardi d’aller aux Diablons des dames, et on rentrera mercredi en début d’après-midi ! Le journal de bord sera mis à jour à ce moment !
Lundi 13 juillet 2026
Matinée à préparer l’expédition : on part pour trois jours en autonomie avec bivouacs et matériels d’alpinisme : aujourd’hui les sacs sont plus lourds que les expéditions précédentes !
L’objectif de la journée : atteindre notre camps de base pour le sommet de demain, Le Diablon des Dames ! 1000 mètres de dénivelé nous attendent pour l’atteindre. Déposés à Zinal par le bus, on s’éloigne rapidement des maisons pour entrer en forêt subalpine. Là l’identification d’espèces de sous-bois démarre : Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum), Camerisier bleu (Lonicera caerulea) ou encore sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia). Pour cette expédition, comme c’est une première sur ce sommet pour Nature au Sommet, on ne part pas pour les protocoles habituels : c’est une exploration et on collecte les données des espèces identifiées de manière opportuniste, au fil du trajet.
L’étage subalpin laisse peu à peu sa place à l’étage alpin, et là l’environnement change à mesure que les arbres laissent leur place. À travers les herbes alpines, de nouvelles plantes encore peu observées apparaissent, telles que la dryade à 8 pétales (Dryas octopetala). Mais globalement les jours de terrain précédents portent leurs fruits et pas mal d’espèces sont identifiées au premier coup d’œil ! Et lorsqu’une zygène se laisse attraper, on en profite pour sortir les clés d’identification et déterminer son espèce (Zygaena transalpina).
Après plusieurs heures de marches chargée, on arrive enfin au camp de base prévu : Altitude 2700m, zone plane et petits cours d’eau, un hôtel 5 étoile avec en prime, la vue sur le sommet de demain ainsi que sur l’arrête rocheuse que l’on prévois de gravir pour l’atteindre !
Mardi 14 juillet 2026
Réveil relativement tôt afin de lever le camps rapidement et d’attaquer l’ascension ! Pascal, guide de haute montagne, notre guide pour la journée, nous rejoint juste avant que l’on lève le camps. Lui vient tout juste d’en bas, il a déjà gravi les 1000m de dénivelé que l’on a marché hier, s’apprête à faire l’ascension des 850m restants avec nous, puis de tout redescendre… dans la journée !
Son programme n’entache pas son enthousiasme et nous démarrons la rapide marche jusqu’au départ de l’arrête.
Déja, sur les dernières centaines de mètres, la flore commence à changer : à 2900m d’altitude les plantes des alpages sont moins nombreuses ; nous arrivons sur le territoire des saxifrages, des petites petites fleures naines et des plantes en coussins. Mise en place des baudriers et des casques, composition des cordées, et nous attaquons l’arrête. L’itinéraire est réellement grimpant, avec des passages raides que les premiers de cordée (Pascal ou nos animateurs-alpinistes) protègent grâce à des sangles ou des coinceurs placés dans la roche. Ambiance minérale et verticale ; et pourtant cela foisonne de vie ! « Oh la, la renoncule des glaciers » ; « Là, le coussin a des fleurs vertes, c’est la Minuartie faux orpin » ; « Ici j’ai la vergerette à une tête ! » ; les identifications fusent à mesure que les mètres sont gravis. Petit à petit la zone la crête devient moins raide, et les plantes moins abondantes : passé 3300m nous évoluons sur une zone caillouteuse où même lorsque de la terre est bien visible on ne voit plus beaucoup de plantes réussir à élire domicile… Des mousses, encore quelques saxifrages (Saxifraga bryoides, Saxifraga exarata), et des rares graminées.
Nous atteignons le sommet pour déjeuner, timing parfait. Et pendant le repas plusieurs papillons intrépides viennent jusqu’à nous, quelques uns auront même la gentillesse de se jeter dans notre filet à papillon : on a ainsi la chance d’identifier un Piéride du Vélar (Pontia Callidice) et un Moiré fauve (Erebia mnestra), espèces coutoyant les hautes altitudes.
Si l’aller s’est fait par l’arrête directe, on choisi de faire le retour par l’autre accès : la crête qui descend au col afin de définir, dans notre exploration, quel serait le tracé le plus intéressant pour revenir y faire un protocole complet. Le retour s’avère être raide, de petites vire dans un terrain assez caillouteux : c’est moins agréable et moins esthétique qu’à l’aller ! Par contre, assez vite un fois descendu un peu, la vie végétale foisonne de nouveau. Avancée lente et encordée, le temps de trouver l’itinéraire le plus simple ; un rythme parfait pour observer la flore pendant que le guide scrute les lignes du terrain. Finalement on retrouve un vrai sentier au niveau du col, ça y est, l’ascension alpine est totalement terminée !
On se désencorde, et Pascal nous dit au revoir, et file à son rythme de guide, pendant que nous nous rentrons au bivouac sans cesser tout de même de faire des observations floristiques en chemin !
Petit spectacle de fin de journée, un Gypaète barbu nous survole à seulement quelques mètre ! Whaou, quelle chance de le voir si souvent !!
Après une journée comme celle-là, de retour au camp, le repas chaud de fin de journée est le bienvenu, et tout le monde est assez rapidement ravi de retrouver la chaleur de son duvet…
Mercredi 15 juillet 2026
Ça y est, il est temps de plier le camps pour de bon. Surtout que l’on a un double timing ce matin : il y un bus à prendre à Zinal et surtout une grosse pluie en début d’après-midi à éviter !
On redescend avec nos gros sac ; mais si le rythme de marche n’est pas élevé ce n’est pas tant à cause des sacs que des encadrants qui peaufinent leur prise de donnée de l’avant-veille. Malgré cela on sera largement dans les temps et rentrés au centre bien avant l’orage… Maintenant repos, et préparation des derniers jours où l’on doit changer un peu le planning initial à cause de la météo. La période de grand beau s’achève, et des pluies sont régulièrement prévues en fin de journée pour la fin de la semaine...
Jeudi 16 juillet 2026
Ce matin la météo ne nous laisse pas le choix : on ne pourra pas bivouaquer ce soir. Du coup, on abandonne le plan initial qui était de partir bivouaquer proche de la Couronne de Bréona qu’on devait faire en alpinisme le lendemain. On fera à la place un sommet d’alpi à la journée demain en partant à pieds depuis le centre : le Meidspitz. Et du coup, avant que la pluie ne s’installe en fin d’après-midi, on part en randonnée vers le site d’étude de l’Armina, surtout étudié par le séjour « En quête de biodiversité ». Il s’agit d’un projet à long terme dont l’objectif est de caractériser et suivre l’évolution de la biodiversité dans un périmètre défini autour du lac. Pour se faire, de nombreux protocoles y sont régulièrement réalisés, dans des endroits précis, avec un objectif de répétition tous les 2-3 ans : protocoles habitat, rhopalocères (papillons de jour), criquets et sauterelles, points d’écoute sur les oiseaux...Il se trouve que les sites les moins accessibles de ce secteur n’ont pas encore été réalisés. Notre équipe cette année n’ayant pas peur des journées de marche nous donne l’opportunité d’aller sonder un de ces sites. On choisit le site L2, à environ 3h de marche à pieds. On part donc avec le pique-nique, en s’arrêtant par ci par là pour réviser les plantes cibles du protocole NAS, et on observe quelques criquets et oiseaux en chemin : Arcyptère bariolé, Linottes mélodieuses … On arrive en début d’après-midi sur le site, et on réalise un protocole complet habitat. C’est un protocole qui permet de caractériser le milieu, et pour lequel on réalise un inventaire le plus exhaustif possible de la flore présente dans un premier temps, puis on énumère les 3 plantes les plus présentes en terme de recouvrement au sol, et on estime enfin les poucentages de recouvrement au sol des rochers, de la terre nue, de l’eau et enfin de la strate herbacée (ici la seule présente, sinon il faut aussi détailler chaque étage de végétation : strate arbustive et strate arborée aussi). Les 3 plantes du podium sont : l’Alchemille à 5 folioles Alchemilla pentaphyllea, puis la Laîche fétide Carex foetida, et enfin le Saule herbacé Salix herbacea. On termine le protocole avec les premières gouttes de pluie, ce qui nous rend bien efficace à repartir. Au final, ça se calme vite et on redescend tranquillement vers le centre, avec une pause goûter dans un beau décor de lande à éricacées avec une belle vue sur Chandolin. Le soir, on regarde un reportage « Les îles du ciel », dans lequel des chercheurs partent explorer des sommets en alpinisme pour étudier l’origine des plantes alpines et mieux comprendre leur évolution. On retrouve plein de similitudes avec ce que l’on fait et ce que l’on vit cette semaine !
Vendredi 17 juillet 2026
Ce matin on se lève tôt pour profiter de la fenêtre météo sans pluie, et aller réaliser un transect au sommet du Meidspitz. Nous sommes aussi accompagnés de Sylvain, qui est à l’initiative du projet Nature au sommet, et qui s’occupe de tout le programme Biodiversita au sein d’OSI. On démarre sans perdre de temps en randonnée efficace et rapide pour rejoindre notre zone départ de transect 1h30 plus tard. Toute l’équipe s’organise pour inventorier toutes les plantes présentes, et on sent qu’on a bien gagné en efficacité et que tout le monde a bien progressé ! Notre guide Pascal nous rejoint peu de temps après, et profite avec nous de suivre la réalisation du protocole le long du transect vers le Col du Meidpass. C’est un beau partage de connaissances, tout le monde lui explique les noms de plantes et animaux que l’on croise. Après la pause pique-nique, on attaque une dernière montée vers le col, d’où démarre la partie alpinisme. On s’encorde comme la dernière fois, et nous voilà partis à l’assaut du sommet. Ca grimpe pas mal, et même si la montée au sommet est assez courte, ça nous prend pas mal de temps. Au sommet, on ne trouve que 3 plantes présentes : la Joubarbe des montagnes Sempervivum montanum, le Saxifrage fausse mousse Saxifraga bryoides et la Primevère hirsute Primula hirsuta. On redescend tranquillement ensuite en s’assurant au demi-cabestan, et on trouve encore quelques plantes juste sous le sommet. De retour au col, et après un goûter bien mérité, nous voilà repartis en randonnée tout en continuant le protocole pour noter maintenant les altitudes maximales. Au final on arrive au centre tout juste pour se mettre les pieds sous la table. Encore une fois, on aura fait une belle grosse journée, sportive et intensive aussi pour la concentration tout du long du transect. Mais tout le monde est ravi, et la partie en alpinisme a particulièrement plu à tout le groupe. Après le dîner, on joue à « Sporz », un jeu de société d’ambiance et de déduction en groupe, très chouette.
Samedi 18 juillet 2026
Après un bilan sur nos ressentis au global sur la quinzaine (tant sur les temps sciences que sur le rythme et l’organisation des journées, la cuisine, les conditions de bivouac, l’environnement etc), on se rassemble pour consolider les données des derniers transects. Pour chaque espèce cible, on précise si nous pensons que nos données sont de qualité ou pas, et s’il est pertinent de continuer de suivre cette espèce sur le transect en question. Puis on fait des grosses synthèses sur les données récoltées, le nombre d’observations, les listes d’espèces reportées sur chaque sommet et les quelques données phare de la quinzaine, important à valoriser pour notre projet.
Tout le groupe s’organise ensuite pour retranscrire tout ce qu’on a fait cette quinzaine et le présenter à tout le reste du centre cet après-midi pendant la retransmission. Juste avant le déjeuner, on a le temps d’un petit baladou où on emmène les filets à papillons pour faire quelques idenfitications juste sur la piste derrière le centre. Puis, après le déjeuner, l’après-midi passe vite avec les présentations des différents séjours qui ont eu lieu en parallèle sur le centre des Choucas : le groupe géologie, le groupe astro, le groupe drône, le groupe biodiversité sur centre et notre présentation à nous. Un t-shirt osi et un diplôme de sciences participative est décerné à chacun juste avant de fêter tout ça autour d’un goûter général. Le soir, c’est la superbe fondue traditionnelle suivie de la soirée musicale et festive de fin de séjour.
Dimanche 19 juillet 2026
C’est le grand départ pour tout le monde. On a adoré passer cette quinzaine tous ensemble et on repart la tête pleine de souvenirs, de bivouacs, de vues sur les hautes montagnes et glaciers, les jambes un peu fatiguées (mais de la bonne fatigue !), plein de noms de plantes en tête, et ravis d’avoir contribué à l’immense projet Biodiversita pour l’étude de l’évolution de la biodiversité dans le Val d’Anniviers !
Petite synthèse scientifique de la quinzaine
En cours de rédaction ...
Rq : les photos du séjour sont visibles ici
