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Diversité des régimes alimentaires des oiseaux de France (...)

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Le Projet

PRESENTATION DES PRINCIPAUX REGIMES ALIMENTAIRES

Que mangent les oiseaux que nous pouvons rencontrer en France métropolitaine ? Il vous est peut-être déjà arrivé de vous poser cette question. Vous avez d’ailleurs sans doute remarqué que tous ne mangent pas la même nourriture… Pour simplifier, nous pouvons dire qu’il existe trois grandes types de régime alimentaire chez les oiseaux. Tout d’abord, il y a les végétariens (ou phytophages) : ce sont ceux qui mangent des éléments végétaux. Ensuite, nous trouvons les carnivores (ou zoophages), qui se nourrissent d’éléments animaux. Et enfin, les moins exigeants se nourrissent aussi bien d’éléments animaux que végétaux : il s’agit des omnivores. Mais ce n’est pas si simple ! La classification des régimes alimentaires nous renseigne sur la nourriture principale de chaque oiseau mais souvent le régime en question n’est pas exclusif. Nous verrons que certains oiseaux ont un régime alimentaire plus spécialisé que d’autres. Et d’ailleurs, beaucoup d’oiseaux sont capables d’adapter plus ou moins leur régime alimentaire, selon différents facteurs : disponibilité des ressources, moment de l’année, lieu, etc… Par exemple, beaucoup d’espèces classées comme granivores (qui mangent des graines) changent de régime alimentaire pendant la nidification et deviennent en grandes partie insectivores (qui mangent des insectes) car leurs petits ont besoin d’un grand apport de protéines lors des premiers stades de leur développement. Nous verrons aussi que certains insectivores deviennent granivores pendant la mauvaise saison, l’hiver. La raréfaction des ressources alimentaires pendant la mauvaise saison peut aussi conduire certains oiseaux à migrer. Les oiseaux ont un bec qui leur sert à chercher, tenir et éventuellement découper les aliments mais pas de dents. Ils ont développé au cours de leur évolution des formes et des tailles de becs différentes selon les espèces, autant d’outils qui leur permettent de se partager les ressources alimentaires disponibles. Chaque bec est adapté à une ressource alimentaire particulière.

LES VEGETARIENS

Les Ansérinés - cygnes, oies et bernaches - font partie des oiseaux végétariens. Certains végétariens sont même spécialisés dans la consommation de graines. On dit qu’ils sont granivores, comme les Columbiformes - pigeons et tourterelles - mais le pigeon biset est omnivore en ville. C’est aussi le cas de plusieurs espèces de passereaux (Passériformes), comme les bruants, ainsi que la famille des Fringillidés. Celle-ci regroupe pinsons, bouvreuil, chardonneret (photo 1), serin, verdier, tarin. Ils ont un bec court, épais, conique et solide. On trouve dans cette famille le Grosbec casse-noyaux (photo 2), capable d’écraser les noyaux de cerises avec son bec et le bec-croisé des sapins (photo 3) au bec caractéristique. Ses mandibules croisées lui permettent d’éplucher les pommes de pin pour manger leurs graines. Les granivores ne participent pas à la dissémination des graines car leur gésier (estomac musculaire) de type broyeur est suffisamment puissant pour broyer les graines. Elles ne germeront donc pas. Ils peuvent même avaler et y stocker des graviers pour faciliter le brassage des aliments.

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LES CARNIVORES

Nos rapaces diurnes (les faucons qui font partie des Falconiformes et tous les autres, les Accipitriformes) ainsi que nos rapaces nocturnes (les Strigiformes, chouettes et hiboux) sont carnivores. Nous verrons que certains sont plus spécialisés que d’autres. Ils ont un bec crochu et coupant. Certains rapaces diurnes sont ornithophages et mangent d’autres oiseaux. C’est le cas de l’Autour des palombes (photo 1), du Faucon pélerin (photo 2) et de l’Epervier d’Europe (photo 3). Le Faucon pélerin est connu pour ses piqués qui peuvent dépasser les 300 km/h, et qui lui permettent d’attraper ses proies directement avec ses serres ou par « buffetage » (percussion violente à l’aide des serres puis capture après un second piqué).

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JPEG Le Circaète Jean-le-Blanc (ci-contre) est un rapace qui consomme des reptiles, surtout des serpents. Il les avale entiers, la tête en premier.

Les vautours sont des rapaces charognards (ou nécrophages) : ils se nourrissent de carcasses d’animaux morts. Leur serres (griffes) ne sont pas adaptées à la prédation. Ils ont un rôle sanitaire : ils évitent que des maladies se propagent ou que les cadavres contaminent l’eau. Leur système digestif très puissant leur permet de venir à bout d’une grande partie des bactéries des cadavres en décomposition. Le Gypaète barbu est un charognard encore plus spécialisé et un vautour encore plus haut que les autres dans la chaîne alimentaire, puisque cet oiseau unique en son genre se nourrit d’os d’ongulés ! Il lâche les plus gros sur la roche depuis le ciel afin de les briser.

Un autre rapace, le Balbuzard pêcheur (photo 1), ainsi que le Martin pêcheur (photo 2) et le Fou de Bassan (photo 3) sont des consommateurs de poissons (piscivores) qui utilisent la même technique de pêche. Ils font un plongeon aérien en piqué pour pêcher les poissons. Le Fou de bassan pêche en eau salée, tandis que le Martin pêcheur pêche en eau douce et le Balbuzard dans les deux. Mais la palme du plongeur aérien revient définitivement au Fou de bassan. Il arrive à une vitesse qui peut avoisiner les 100 km/h et plonge sous des bancs de poissons, qu’il consomme sous l’eau en remontant. Scène déconcertante qui lui valu ce qualificatif de « fou ». Il a des sacs aériens au niveau des épaules qui se remplissent la fonction d’airbags et se gonflent juste avant le choc. Quand les deux autres ne s’immergent pas au delà d’un mètre de profondeur, le Fou de bassan peut plonger jusqu’à 7 mètres. L’aérodynamisme exceptionnel de cet oiseau aurait même inspiré les lignes du Concorde. Comme les cormorans, il n’a pas de narines externes, ses narines se trouvent à l’intérieur de son bec.

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Les cormorans et les plongeons sont des piscivores qui plongent depuis la surface. Il en est de même pour les Alcidés comme le Macareux moine, le Guillemot de troïl ou le Pingouin torda.

Beaucoup d’oiseaux sont insectivores au sens large et se nourrissent d’invertébrés (le terme d’invertivores paraît plus adapté car il regroupe à la fois les insectes, les araignées, les crustacés, les mille-pattes, mais aussi les mollusques et les vers). Plusieurs espèces se nourrissent d’invertébrés aquatiques, comme le Tadorne de belon. Les lamelles du bec du Flamant rose lui permettent de filtrer les invertébrés dont il se nourrit. Il doit sa couleur aux pigments contenus dans les algues qu’ingèrent ses proies, de minuscules crevettes. La Spatule blanche (photo 1) se nourrit en agitant latéralement son long bec entrouvert dans l’eau et aplati en forme de cuillère, tout en avançant.

Les limicoles, ensemble de petits échassiers de rivage, mangent aussi des invertébrés aquatiques. Leur régime alimentaire varie en fonction de la taille et de la force du bec, de leur mode de prospection (à vue, au toucher..) et de capture (en sondant, en fauchant la vase…). L’Huîtrier-pie utilise son bec pour ouvrir les coquillages, tantôt comme marteau, tantôt comme ciseau et levier. L’Avocette élégante, au long bec fin recourbé vers le haut, recherche ses proies de façon typique, en agitant d’un incessant mouvement latéral dans l’eau ou la vase liquide peu profonde son bec entrouvert. Le Vanneau huppé tapote souvent délicatement d’une patte le sol et le fait vibrer pour en faire sortir des proies. Le Tournepierre à collier est capable de retourner vigoureusement avec son front et son bec des pierres plus lourdes que lui pour débusquer ses proies.

La Bondrée apivore (photo 2), le Faucon crécerellette et le Petit-duc scops sont des rapaces insectivores. La Bondrée apivore mange des hyménoptères : des guêpes et des bourdons. Les plumes raides et courtes autour de ses yeux et de son bec la protègent des piqûres.

Les pics se nourrissent de fourmis ou d’insectes xylophages (mangeurs de bois). Ils possèdent une langue prolongée afin de pouvoir les déloger. Les plumes de leur queue (rectrices) sont rigides et leur permettent de se maintenir verticalement le long des troncs d’arbres.

L’Engoulevent d’Europe chasse au crépuscule et pendant la nuit. D’autres oiseaux se nourrissent d’insectes, comme les Martinets qui passent leur vie en vol, les Coucous, la Huppe fasciée, le Rollier et le Guêpier d’Europe (photo 3). La plupart des passereaux (ou Passériformes), qui constituent l’ordre d’oiseaux comptabilisant le plus grand nombre d’espèces, sont insectivores. Les hirondelles , le rougegorge, les mésanges et bien d’autres en font partie. Les petits animaux ont besoin de plus de calories que les grands pour maintenir leur température or les aliments d’origine animale contiennent 5 à 10 fois plus de protéines que les aliments d’origine végétale. Contrairement aux granivores, les insectivores ont un bec fin, idéal pour chasser les insectes.

Mais comment survivent les insectivores à la disparition des insectes pendant la mauvaise saison, l’hiver ? Certains choisissent de migrer vers le sud. Ceux qui choisissent de rester en France et d’y hiverner deviennent granivores et/ou frugivores pendant cette période. Contrairement aux granivores, ils n’ont pas de gésier de type broyeur suffisamment puissant pour broyer les graines donc ils jouent un rôle dans la dissémination des graines.

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LES OMNIVORES

Nous avons déjà cité le pigeon biset, granivore en campagne mais omnivore en ville. La gallinule poule d’eau (photo 1) est aussi omnivore. Le moineau domestique, l’étourneau, les merles ou encore les corvidés sont des passereaux omnivores. Malgré son bec de granivore, le moineau domestique est devenu omnivore au contact de l’homme. Parmi les corvidés, on trouve la pie, les corbeaux, les corneilles, le geai, le cassenoix, etc... Le geai des chênes (photo 2) et le cassenoix moucheté (photo 3) sont capables de cacher des réserves de graines pour l’hiver, qu’ils ne consomment pas toutes. Ils participent ainsi à la dissémination des chênes pour le geai et des pins cembro et des noisetiers pour le cassenoix.

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OISEAUX EN DANGER

Nous sommes témoins d’une crise biologique, d’une nouvelle extinction de masse des animaux de la planète et nous en sommes pour la première fois responsables. La dernière date de 65 millions d’années et a vu disparaître de nombreuses espèces, dont les dinosaures. Les oiseaux ne sont hélas pas épargnés, d’autant plus les oiseaux des milieux agricoles mais les insectes sont encore plus durement touchés. Or les insectes constituent une ressource alimentaire essentielle pour de nombreux oiseaux et toute la chaîne alimentaire est menacée. Les insectes sont aussi indispensables à nos vies puisque ce sont eux qui pollinisent la plupart des espèces de plantes que nous mangeons. Les autres (blé, maïs, riz) sont pollinisées par le vent. La destruction de leurs habitats, notamment due à l’intensification de notre agriculture ainsi qu’à son utilisation massive de pesticides et d’engrais chimiques, est une des menaces qui pèsent sur eux. Il est aussi important de préserver les sites d’alimentation des oiseaux pendant les périodes de nidification et pas seulement les sites de nidification car l’alimentation est cruciale à cette période. Nous pouvons essayer à notre niveau d’adopter des pratiques qui favorisent la biodiversité dans nos jardins, de consommer de préférence des produits issus d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de manger moins de viande car beaucoup de surface agricole est utilisée pour produire de la viande. Vous pouvez aider si vous le souhaitez certains des oiseaux qui ne migrent pas à passer l’hiver en installant des mangeoires propres et de l’eau. Il est conseillé de ne pas leur donner de pain mais diverses graines et graisses, en hauteur, pas trop près des vitres, régulièrement et avec modération, et de réduire progressivement en fin d’hiver.

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