A la découverte des oiseaux d'eau de Camargue !

Avec un petit groupe d'étudiants en environnement que j'encadrais, nous avons parcouru les diverses zones humides de Camargue pour apprendre à (...) Voir descriptif détaillé

A la découverte des oiseaux d'eau de Camargue !

Avec un petit groupe d'étudiants en environnement que j'encadrais, nous avons parcouru les diverses zones humides de Camargue pour apprendre à (...) Voir descriptif détaillé

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Introduction

A la découverte des oiseaux de Camargue !
La Camargue : une zone humide d’importance internationale pour les oiseaux !!!
Cette immense zone humide s’étend sur 178 000 ha.
Elle est classée Réserve de Biosphère par l’UNESCO, site RAMSAR, Parc Naturel Régional, comprend une RNN (Réserve Naturelle Nationale) de 13200 ha. Sans compter les différents sites protégés comme la Station Biologique de la Tour du Valat, la Réserve Naturelle Nationale des marais du Vigueirat, le site naturel de la Palissade appartenant au Conservatoire du Littoral, et enfin la récente Réserve naturelle Régionale du Scamandre.
Plus de 400 espèces d’oiseaux y ont été observés et 289 espèces y séjournent régulièrement.
Pour qui veut se former en Ornithologie, et particulièrement sur les oiseaux d’eau, c’est le rêve ! Voire le choc !
Pour le groupe que j’encadrais, le séjour allait être palpitant et chacun avait très envie de s’immerger dans cette ambiance particulière.

Le Journal de Bord

Des préparatifs réfléchis !

Connaissant bien la Camargue pour l’avoir parcouru pendant longtemps, j’ai d’abord effectué un repérage cartographique des principaux sites intéressants pour l’ornithologie.

Comme nous ne pouvions pas restés plus de 4 jours sur place, j’ai choisis un hébergement à moindre coût au cœur même de la Réserve Nationale de Camargue. Le site, quoique un peu rustique, nous a permis d’être au contact direct avec la nature. Je me suis chargé des formalités de réservation, paiement, équipement nécessaire et courses. J’ai donc demandé à chacun de s’équiper en bottes, tenues adéquates, produit répulsif pour les moustiques (nombreux là bas !), chaussures de marches, sac de couchage. Pour ce qui est du matériel d’observation, tout le monde n’avaient pas pu s’équiper. Nous avons donc utiliser mon mes jumelles et ma longue vue, ainsi que quelques jumelles prêtées par un opticien de connaissance.


Jour 1

Lorsqu’on entre dans la Camargue en voiture, juste après la ville de Arles, nous prenons conscience que c’est à ce moment que les choses vont devenir intéressantes. Les premiers milieux que nous observons sont anthropiques : des rizières de partout ! Et oui, la Camargue c’est aussi son fameux riz, très prisé au niveau local pour accompagner la fameuse « Gardianne de taureau » ! J’en profite d’ailleurs pour expliquer au groupe que nous ne sommes pas venus là pour « renier » les traditions Camarguaises. Au bout d’une vingtaine de kilomètres, ça y est les premiers marais apparaissent avec nos premiers Flamants roses et Busards des Roseaux. Nous nous arrêtons un peu plus loin, et nous postons à un point d’observation pour jeter un coup d’œil sur un marais ouvert . Grâce à des guides d’identifications, je fais un bref descriptif du couvert végétal composé de Roseaux, Scirpes et autres plantes hygromorphes. Ici, les marais sont dis « doux », c’est à dire qu’ils contiennent de l’eau douce. Ils sont peu profonds et attirent donc des canards, échassiers et limicoles. J’explique au groupe le fonctionnement de cet écosystème, et notamment l’utilisation faite par les oiseaux. Marc, Albert, Christine et Sandrine font déjà leur premières « coches » !!
Nous continuons notre route en voiture et arrivons à un promontoire qui donne sur le vaste étang du Vaccarès protégé, et sur des marais de chasse. Avec les jumelles et la longue vue, nous observons plusieurs espèces de canards, flamants, Cormorans,Grande aigrette, limicoles et Busards et d’autres espèces d’oiseaux (notamment des passereaux paludicoles). Comme mon petit groupe est un peu contemplatif et curieux, je décide de rester là pour le pique nique. J’en profite pour expliquer au groupe le rôle de l’étang du Vaccarès pour les oiseaux d’eau et notamment les canards. En effet, les grandes pièces d’eau protégées comme celle-là servent de « remises » pour les canards qui y trouvent un moment de quiétude après la chasse (lorsque celle-ci est ouverte bien sûr !). Mes participants prennent des notes et me posent diverses questions sur l’identification des oiseaux et comment différencier les mâles des femelles.

Remise de Canards sur la Réserve

Puis, nous repartons tranquillement en direction du gîte en faisant plusieurs arrêts dans l’après midi. Nous verrons d’ailleurs d’immenses roselières sur lesquelles nous nous attarderons pour faire un « petit cour » sur la vie du roseau, son cycle biologique, ses fonctions écosystémiques pour l’homme, sa biodiversité. Grâce à des planchettes supports, j’explique ces différents éléments. Ainsi, les choses deviennent plus facile à comprendre pour le groupe. Nous arrivons au gîte en fin d’après midi où chacun s’installe. Mes participants sont ébahis devant ce gîte assez magique situé en pleine réserve. J’entends des « Ouah, c’est le pied ici !! », « franchement, c’est top ! » , ou encore « bon, ben moi je vais vous laisser ranger les affaires, je vais aller faire un tour.. ». Evidemment, je dois maîtrisé le groupe et rappeler chacun à sa tâche. La nuit tombe sur un magnifique couché de soleil hivernal.
Pendant et après le diner, avec la carte je refais l’itinéraire de la journée et explique le programme du lendemain. Les conversations tournent autour de la découverte de la Camargue et j’en profite pour raconter quelques anecdotes qui me sont arrivées par le passé.

Jour 2

Le matin, après le petit déjeuner, nous partons sur les sentiers de la Réserve de Camargue et visitons tous les observatoires. Ceux-ci nous donnent une vue sur des marais temporaires au milieu des tamaris, roselières et sansouires. Celles-ci sont composés de salicornes, une herbe grasse, touffue et basse aimant les sols halomorphes (aimant le sel). On y trouve une eau plus ou moins chargée en salinité.

Canards Souchet

Dans un observatoire, Marc a repéré des canards assez bizarres à la longue vue. Ceux ci effectuent un drôle de ballet en tournant sur eux mêmes. Il me demande si ce comportement étrange est normal chez ces 2 oiseaux. Je lui explique que le Canard Souchet est un canard de surface avec un bec très plat qui lui sert à filtrer les invertébrés qu’il trouve dans les herbiers. Et ce comportement est tout simplement un signe de parade nuptial. J’en profite pour faire une petite explication sur les différences entre les canards de surface et les canards plongeurs.

Avocette élégante

Christine a remarqué depuis un autre observatoire un oiseau blanc et noir sur des échasses avec un bec recourbé vers le haut. Il s’agit d’une Avocette élégante. Elles sont un petit groupe de 7 à fouiller dans la vase à la recherche de petits vers et crustacés.

Dans un autre observatoire, Albert , arrivé le premier, crie : « venez voir, il y a un tas de crottes ici ! » . Une fois arrivé à l’intérieur je constate qu’il s’agit d’un crottoir de Genette. Grâce à un guide d’identification, je montre l’animal en dessin avec son beau pelage tacheté. C’est un animal nocturne qui vient marqué son territoire dans cet observatoire.

Le midi, nous piqueniquons dehors, devant le gîte. L’après midi est consacré à visiter d’autres marais. Des Cigognes blanches passeront sous nos têtes ; elles reviennent sans doute d’Afrique et se dirigent vers le nord-est de l’Europe pour nicher. Nous observeront aussi des tadornes de belon, un gros canard noir, blanc et marron avec un bec rouge. Je prends le temps d’expliquer au groupe certaines particularités des moeurs de ce canard.

Le soir, nous rentrons au gîte ou chacun prendra un peu de temps avant le repas pour se détendre, appeler la famille et écouter la musique. Nous préparons le repas ensemble et je propose de regarder le programme du lendemain : « demain, nous irons dans les salins ; et on devrait en prendre pleins les yeux !! Vous pourrez vous exercez sur le casse tête de la reconnaissance des limicoles ! »

Jour 3

Nous voilà donc partis à la découverte des oiseaux des salins. Les routes laissent places aux chemins mités de nids de poules sur lesquels nous roulons très doucement. Pas besoin d’aller bien loin ! Dans ces pièces d’eau salées se trouvent des milliers d’oiseaux d’eau dont beaucoup de limicoles qui sont en haltes migratoires. Avec la longue vue, nous arrivons à distinguer plusieurs espèces : Bécasseaux variables,

Bécasseaux Variable

Cocorlis, Temminck, Chevaliers combattants, Sylvain, Aboyeur, Gambette, des Gravelots, Courlis. Enfin , bref, il y en a des milliers !! Grâce au guide d’identification et à une maquette que j’ai réalisé, nous rentrons dans le descriptif de chaque espèce et leurs niches écologiques selon la longueur des pattes et du bec. C’est un peu un casse tête pour mes participants qui s’exercent à identifier les oiseaux sans cesse en faisant des comparaisons. Chacun y va de son avis personel !

L’oiseau emblème de la Camargue qui est omniprésent dans ces salins : le Flamant rose !
En effet, il y en a des centaines entrain de se nourrir , de parader ou volant au dessus de nous. Bien sûr, un cour sur la biologie du Flamant s’impose ici. Nous nous asseyons et , tout en prenant notre pique nique, j’explique les enjeux de conservation de l’espèce pour la Camargue. Car, ici, c’est l’unique colonie nicheuse d’Europe et de tout l’Ouest Méditerranéen. 10 000 couples se reproduisent sur un ilôt artificiel construit par la volonté des scientifiques protecteurs de la nature. Mais c’est un oiseau très fragile. J’insiste auprès du groupe sur les enjeux de conservation pour cette espèce et sur les programmes d’études scientifiques. De part les supports pédagogiques que je leur montre, ainsi que sur quelques analyses statistiques graphiques, mon groupe commence à prendre conscience que l’activité scientifique des hommes représente un combat utile pour la préservation du Flamant rose. Sandrine me dit qu’elle a entendu dans un zoo que les Flamants sont roses car ils mangent une crevette rose. Je lui réponds que oui, et que la crevette en question s’appelle Artemia salina.

Nous retournons au gîte en fin d’après midi en prenant le temps de regarder les vols de Flamants et des nuées de limicoles traversant le chemin carrossable d’un vol rapide.
Le soir, nous préparons nos bagages. Puis, autour du repas, nous parlons des actions menées par les organismes locaux travaillant sur la conservation de la nature. Des idées germent dans l’esprit des jeunes. Tous ont envie de s’impliquer un jour dans la préservation de la nature.

Jour 4

Au petit matin, nous nettoyons et rangeons le gîte. Puis, nous allons faire un petit tour en mer où nous verrons plusieurs espèces de laridés : Mouettes rieuses et Mélanocéphales, Goélands leucophés et railleur. Sternes caugeks pêchant le long des plages. Puis, vers midi, nous remontons sur Arles pour manger dans un restaurant aux spécialités Camarguaises.

Dans l’après midi, en se séparant, tous m’informent vouloir revenir lors d’un printemps pour découvrir les autres espèces qu’ils n’ont pas pu observés durant le séjour, comme le Guépier d’Europe, les hérons , Rolliers, rapaces...

Pour faire un petit bilan personnel de ce petit séjour, je dois dire que nous avons passé 4 jours d’émerveillement. Et bien que connaissant bien la Camargue depuis fort longtemps, je ne me lasse jamais de l’a parcourir. Bien sûr, j’ai dû faire une sélection des « spots » les plus remarquables, car il nous était impossible de tout voir. Ma satisfaction est d’avoir transmis mes connaissances en ornithologie à mes 4 participants. En plus d’avoir vécus une expérience inoubliable, ils ont appris à mieux comprendre les relations entre les oiseaux d’eau et leur milieu. Mais ils ont surtout pris conscience que malgré sa diversité biologique remarquable, elle reste avant tout un patrimoine naturel fragile à préserver. Un prochain contact avec les organismes scientifiques travaillant dans la protection et gestion de la nature Camarguaise serait peut être envisageable ??

Ci-dessus, une liste des Oiseaux observés durant le séjour.

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