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A l'affût de la biodiversité en itinérance - Bilan 2020

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Le Projet

Bilan du séjour « A l’affût de la biodiversité en itinérance - Juillet 2020 - Val d’Anniviers et Vallon de Réchy »

Deuxième séjour sous ce format dans le Val d’Anniviers, cette semaine d’exploration nous aura permis d’identifier des espèces dans des zones où le programme Biodiversita n’avait pas encore effectué de relevé, notamment dans le Vallon de Réchy, réserve naturelle située entre le Val d’Anniviers et le Val d’Hérens.

Les participant-e-s et les éducateurs-trices scientifiques auront pu, malgré une météo capricieuse en ce mois de Juillet 2020, observer de nombreuses espèces dans un environnement alpin magnifique.

• Le parcours :

Départ au pied du Glacier de Moiry le 19 Juillet 2020. Et arrivée à Vercorin le 24 Juillet 2020. Entre ces deux points, 22,1 kilomètres parcourus, avec un dénivelé positif de 1028 mètres et un dénivelé négatif de 1915 mètres !

La première partie qui comportait la majorité du dénivelé positif a eu lieu entre le Glacier de Moiry et la cabane des Becs de Bosson, et la deuxième partie qui comportait la majorité du dénivelé négatif a eu lieu entre cette cabane et l’arrivée au village de Vercorin.

Le point culminant de notre itinéraire était la cabane des Becs de Bosson à 2985 mètres d’altitude.

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• Les données :

Durant cette itinérance ce sont 487 observations qui ont été recensées ! La majorité des espèces rencontrées étaient des plantes, mais les insectes, notamment les papillons, les oiseaux et les mammifères se sont laissés observer tout au long de la semaine.

Au cours de ces observations, nos jeunes scientifiques ont pu se familiariser avec les clefs de détermination, sous forme d’application sur téléphone et en papier, afin d’identifier les espèces rencontrées.

Nous avons pu rencontrer de nombreux individus des espèces caractéristiques de ces hauteurs : l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), la Joubarbe araineuse (Sempervirum arachnoideum), des Marmottes (Marmota marmota), le Martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba) et nos autres voisins de planète nous ont offert la chance de croiser leur chemin et ainsi en apprendre plus sur leur comportement, leurs exigences, et leur milieu.

Notre parcours nous orientant sur le versant Ouest du Val d’Anniviers, nous avons traversé le Vallon de Réchy, réserve naturelle n’ayant pas encore fait l’objet de prospection naturaliste par le programme Biodiversita. C’est donc avec envie et curiosité que nous avons passé deux jours dans cet écrin de nature perché à 2000 mètres d’altitude.

Nous avons pu détecter la présence du Petit Apollon (Parnassius phoebus) dans ce vallon traversé par différents torrents aux abords desquelles pousse le Saxifrage faux-aizoon (Saxifraga aizoides), sa plante hôte !

Nous avons aussi eu la chance de rencontrer l’Epeire à quatre points (Araneus quadratus) en train de capturer un azuré que nous n’avons pas pu identifier !

Mais il n’y avait pas que les petites bêtes qui étaient à l’honneur durant ces prospections scientifiques :

Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus) est un oiseau vivant dans les torrents de montagne où il plonge pour aller chercher sa nourriture (des crustacés et des insectes aquatiques).

Nous avons aussi eu la chance de croiser trois biches qui avaient quitté les pentes boisées pour brouter les pelouses, une belle rencontre !

Cette silhouette nous aura accompagnés tout au long de ce séjour, l’Aigle royal règne en maître sur les espaces montagnards que nous avons traversés. Autrefois présent sur un territoire beaucoup plus grand, les zones alpines comme le Val d’Anniviers et le Vallon de Réchy représentent aujourd’hui des bastions pour cette espèce emblématique de nos régions !

• Bilan par milieu :

Tout au long de ces 22 kilomètres, nous avons traversé des espaces montagnards qui partageaient des traits communs mais qui étaient aussi variés. Ainsi le cortèges des espèces rencontrées était différent, même si de nombreuses espèces ont su s’adapter aux différentes facettes de la montagne.

En effet, le Rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) affectionne les zones ouvertes avec des rochers et des pelouses alpines, et nous avons rencontré ce genre de milieu réguilèrement durant notre itinérance. De même que la Marmotte (Marmota marmota) que nous avons croisée à plusieurs reprises.

Par contre, nous avons eu la chance d’entendre le Lagopède alpin (Lagopus muta) depuis le Lac de Lona à 2600 mètres d’altitude au lendemain de notre deuxième bivouac. Inféodés aux très hautes altitudes sous nos latitudes, cette espèce rescapée de la dernière glaciation ne peut se croiser que dans les zones rocailleuses proches des neiges éternelles. Comme la Niverolle alpine (Montifringilla nivalis), ces espèces caractéristiques des altitudes élevées auront croisé notre chemin seulement quand celui-ci traversait ces hautes terres.

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Le Vallon de Réchy, avec son replat et ses torrents nous aura permis d’observer plusieurs espèces de papillon dont le Satyrion (Coenonympha gardetta), le Moiré cuivré (Erebia tyndarus), le Moyen-Argus (Plebejus idas), la Mélitée alpine (Melitaea varia) et le Petit Apollon (Parnassius phoebus), c’est ici, au milieu de ces prairies d’altitude arrosées par ces torrents que la diversité et l’abondance était les plus importantes pour ce groupe d’espèces.

Enfin, durant la descente entre le Vallon de Réchy et Vercorin, nous avons quitté les pelouses d’altitude pour retrouver des zones plus boisées. C’est dans cet environnement nouveau que nous avons contacté l’Autour des Palombes (Accipiter gentilis), rapace forestier et grand chasseur, mais aussi le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), la Mésange noire (Peripatus ater) et la sitelle torchepot (Sittea europaea), des oiseaux forestiers vus et entendus en longeant le bisse de Vercorin.

• Conclusion :

Ce séjour scientifique aura permis aux participant-e-s et aux éducateur-ices de marcher, dormir et se reposer dans la nature, et inventorier des espèces alpins magnifiques avec une biodiversité riche et caractéristique de nos montagnes ! Ces observations viennent compléter une base de données qui s’enrichit d’année en année et permettra de suivre l’évolution de ces zones d’altitudes avec d’un côté le réchauffement climatique qui modifie le milieu et de l’autre le retour du Loup gris (Canis lupus) dont l’impact sur le cortège d’espèces et les différents écosystèmes reste à analyser.

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