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A l'affût de la Biodiversité du 14 au 21 juillet 2019

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Menez à bien d'incroyables projets scientifiques !
Des voyages scientifiques qui changent le monde
Des aventures hors du commun, des projets réels pour le développement durable

Le Journal de Bord

Lundi 15 juillet
JPEG La semaine commence dans le nuage. On découvre à la fenêtre du petit déjeuner qu’il a neigé cette nuit ! Pas à notre altitude, mais on voit bien la couche de sucre glace qui s’est déposée sur le sommet d’en face (et, on le verra plus tard, aussi sur l’Illhorn, le sommet qui nous surplombe. Après ce premier petit-déjeuner de la semaine où donc chacun doit prendre ses marques, on se retrouve tous ensemble (nous sommes soixante au centre cette semaine !) dans la grande salle. Il est 9h, c’est le forum du lundi matin : Rosina présente les règles de vie du centre, les horaires et tout ce qu’il est important de savoir. Puis c’est l’heure où on se regroupe par séjour. Nous sommes 7 cette semaine à partir à l’affût de la biodiversité du Val d’Anniviers : Ann-Laure (qui était déjà là la semaine dernière, Elise, Yasmine et Leena et leur maman Morgane, et Iliane et Renaud, les animateurs.
Hophophop, les picnics sont répartis dans les sacs à dos, on enfile les gros pulls puisqu’il a neigé cette nuit et qu’il a plu encore ce matin ; l’air semble frais et on est toujours dans la brume. Ann-Laure ne se sent pas bien aujourd’hui, et préfère rester au centre où elle passera la journée avec l’équipe Drône. Nous partons donc tous les 6, en sautillant, le long du joli chemin fleuri qui monte vers la forêt juste au-dessus du centre.
On s’arrête à la clairière près du petit troupeau de chèvres. On commence par discuter de la biodiversité : puisqu’on va en être à l’affût toute la semaine, on fait bien de commencer par se poser quelques questions. Alors c’est quoi, la biodiversité ? Elise se souvient de la définition qu’elle a apprise à l’école. Renaud explique que la biodiversité existe aussi à d’autres échelles : par exemple la forêt ici en montagne ne ressemble pas à celle qu’on peut voir dans le nord de la France ou en Bretagne, et puis dans les tropiques elle va être encore différente. C’est une diversité à l’échelle des paysages. Et on peut aussi observer la biodiversité à une échelle beaucoup plus petite : il y a des différences entre tous les individus au sein d’une même espèce (par exemple Elise, Yasmine et Leena sont toutes les trois de la même espèce, l’Humain Homo sapiens, mais ont des cheveux de différentes couleurs, les yeux aussi, etc). Pendant qu’on discute, on entend soudain trois oiseaux, qu’on voit se percher en haut des pins en bas de notre clairière : vite, on sort les jumelles ! On observe que c’est un gros oiseau brun avec des petites tâches blanches sur la gorge : c’est le Casse-noix moucheté, très fréquent dans ces forêts d’altitude parce qu’il affectionne tout particulièrement les graines du Pin cembro, un des trois principaux conifères qui composent la forêt ici. Iliane sort alors une pomme de Pin cembro, qu’on décortique pour en goûter les délicieuses petites graines à la manière du Casse-noix. Enfin le premier défi est lancé : le jeu est de ramener un maximum de fleurs jaunes d’espèces différentes. Yasmine, Leena et Elise crapahutent aux alentours vers tous les points jaunes de la prairie : « on l’a déjà celle-là ?? ».
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Mardi 16 juillet
Pour cette deuxième journée nous partons en direction de Chandolin avec nos appareils photos et nos filets à papillons. À 10h du matin le Soleil chauffe déjà les pentes herbeuses sous le centre et nous trouvons notre premier papillon de la
journée.
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Grâce à notre clé des papillons du Val d’Anniviers nous apprenons qu’il s’agit d’un Cuivré.
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Nous sortons le guide pour plus de précisions : ce papillons aux couleurs éclatantes est le Cuivré de la Verge d’Or, une petite merveille qui nous motive pour la journée.
Chacun s’exerce à la capture des papillons et nos observations s’additionnent.
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Quelques plantes et insectes ailés plus tard, nous nous armons de courage pour remonter une forte pente vers le télésiège du Tsapé. Encore quelques papillons nous retiennent avant que notre groupe prenne place sur ces sièges suspendus qui nous amènent sans effort à près de 2500 mètres d’altitude. Bien motivés à aller voir la vue de l’autre côté des crêtes qui nous surplombent, nous marchons encore quelques minutes. La vue qui s’offre à nous là-haut est une belle récompense et nous nous installons pour le pique-nique au-dessus du lac d’Illsee.
Après le repas, nos exploratrices découvrent des traces sur le névé voisin. La taille est impressionnante, il s’agit d’un canidé ! Le Loup serait-il passé par là cette nuit ?

Mercredi 17 juillet 2019

C’est le grand jour ! Aujourd’hui nous partons pour deux jours de bivouac dans la montagne ! Nous passons une bonne partie de la matinée à préparer les gros sacs avec tout le matériel nécessaire à notre expédition. A 11h27, nous montons toutes les six (Ann-Laure est de retour parmi nous, mais Renaud lui continue la semaine avec les alpinistes de Nature au Sommet) dans le car postal jaune qui nous dépose à Saint-Luc. Le petit groupe est déjà affamé : après un rapide mini repérage de la zone peu explorée qu’on avait décidé de commencer à prospecter, on décide qu’on va plutôt consacrer nos efforts sur la montée vers le site de bivouac.
La montée est lente, les sacs sont lourds : « dis, c’est quand qu’on arrive ? »... Mais les papillons et autres trouvailles sur le chemin font oublier l’effort. Yasmine, Leena et Elise ne cessent de faire des zig-zag autour du chemin pour donner un coup de filet à gauche, sauter sur un criquet à droite...
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Un peu avant 17h nous arrivons enfin au but : le voici notre joli lac, et notre nouveau petit territoire à explorer pour les deux jours à venir. Nous montons donc le camp.
On voit le groupe des Astros dévaler la colline au beau milieu d’une joyeuse partie de UNO. Ils ramènent des sacs remplis de fromages frais qu’ils viennent d’acheter à la ferme sur le chemin : mmmh, c’est l’heure de l’apéro !
Le soleil est également de retour, alors c’est décidé, il est presque 19h mais finalement c’est maintenant l’heure de la baignade, avec certains Astros aussi motivés. L’eau n’est pas super chaude, soyons honnêtes, mais comme on dit, « une fois dedans elle est bonne » ! Plus on est dans l’eau, moins on sent le vent et donc on s’habitue assez bien de la froideur... En plus ce petit lac est très vaseux, alors même si on a peu de fond pour nager, que certains râlent de l’odeur vaseuse que ça dégage, on y est bien ! Rose et Iliane y barbotent un long moment, Elise hésite, y met les jambes... Quelques Astros viennent faire une rapide brasse.
De retour vers le campement, le drôle d’animal que forme Elise sur le dos d’Iliane glisse dans la boue : nous voilà toutes marron, et les serviettes avec !
Au campement, les lits faits voilà l’heure de préparer le feu ! Grande aventure qui prend un bon bout de temps... Mais ça y est : au bout de quelques patientes minutes les flammes montent vers le ciel. On sort les patates et les saucisses, qu’on grille au bout de nos piques dans les flammes.
Plus tard, ce sont les bananes que l’on enveloppe dans du papier d’alu et que l’on fourre de carrés de chocolat noir, avant de les poser sur les braises, mmmh ! Chamallows grillés, puis Loup Garou sous les étoiles : en voilà une belle soirée en pleine montagne ! Nous nous endormons avec le ciel étoilé comme couverture, magique. Bonne nuit !
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Jeudi 18 juillet 2019
Le soleil se lève sur le campement engourdi.
Après le petit déjeuner, les Astros nous quittent : ils redescendent poursuivre leurs activités au centre. Nous on a de la chance : nos activités ont justement lieu en plein coeur de la montagne ! Aujourd’hui, nous partons prospecter la zone que nous avions ciblée : le fameux « carré 72 ». Il s’agit de parcourir cette zone peu visitée par nos prédécesseurs, afin d’identifier un maximum de plantes et d’insectes ou d’oiseaux puisqu’il y a encore très peu de données naturalistes sur cette partie du site.
C’est donc parti pour une belle journée de prospections ensoleillées. Dès le début, nous tombons sur un bisse (les petits canaux qui permettent d’apporter de l’eau là où on en a besoin) où barbotent plusieurs grenouilles, sur lesquelles Ann-Laure se jette avec enthousiasme pour vérifier que ce sont bien des grenouilles rousses Rana temporaria.
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Sur le chemin, un grand nombre de papillons virevoltent autour de nous. On en garde quelques uns dans les filets pour les observer calmement une fois qu’on se sera arrêtées pour pique-niquer. On se pose à la mi-ombre, entre des rochers couverts de plantes saxicoles, quelques pins cembro où viennent se percher les Casse-noix mouchetés, et une petite prairie bien fleurie où papillonnent de nombreuses petites bestioles : l’endroit idéal ! Après avoir rempli nos estomacs, nous nous lançons à l’identification de nos papillons, tandis que d’autres repartent aussitôt à la chasse, filets en main. On observe notamment des Candides Colias phicomone, des Azurés des soldanelles Agriades glandon et un Damier des alpages Euphydryas cynthia.
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Elise s’occupe de sauter sur tous les orthoptères que l’on croise, dont beaucoup de « Criquets Popeye » Gomphocerus sibiricus. Côté flore, avec l’aide de la clé d’identification numérique Flora Helvetica, nous trouvons le nom de la belle Dryade à huit pétales Dryas octopetala.On passe aussi de nombreux coups de filet fauchoir dans les hautes herbes et les buissons voisins, en quête de nouvelles coccinelles ! Mais nous ne trouvons que des criquets et une quantité de petits diptères.
La montée de retour vers le campement au bord du lac est rude : nous avions descendu raide, il faut remonter autant ! Et les petites jambes fatiguent... C’est donc avec soulagement que nous retrouvons notre joli lac, et nous avons tout juste le temps de sortir nos sacs cachés derrière les rochers que voilà le groupe des Architectes du Futur qui arrive ! C’est drôle, nous nous restons là deux soirs de suite, et ce sont les copains qui sont différents chaque jour. Nous sommes donc ce soir les grandes habituées du bivouac en montagne, qui pouvons montrer aux nouveaux arrivants comment s’organiser sur les diverses tâches.
Il y a également le groupe de Nature au Sommet, avec Sylvain et Renaud, qui nous rejoint pour la nuit.
Ce soir pour le repas au feu de camp, nous préparons des papillottes avec rondelles de pommes de terre, de patates douces et de fromage....miam !
Puis les chamallows grillés concluent la soirée ; et tout le monde s’endort tranquillement sous les étoiles.

Vendredi 19 juillet 2019
Ce matin, les Nature au Sommet nous quittent assez tôt : ils ont un sommet à grimper aujourd’hui, avant de nous rejoindre ce soir à l’auberge, et n’ont donc pas une seconde à perdre ! Nous qui sommes moins pressés, décidons de profiter des spécialités culinaires locales : Adèle et Ann-Laure partent à pied descendre à la Ferme Blanche pour acheter du lait frais du jour ! La descente puis la montée prennent du temps, tout le monde a le temps d’émerger tranquillement, et même de commencer à ranger le campement avant que les filles soient revenues. Au final il est près de 11h quand elles réapparaissent, alors nous profitons du soleil et de ce bel air de vacances pour faire un bon brunch estival au bord du lac : chocolat chaud tout frais sorti des pis des vaches voisines, et puis tartines et tous les restes qu’il faut finir pour limiter le poids des sacs du retour. Chacun a le temps de vaquer à ses occupations : certains font la sieste en musique, les plus jeunes construisent des barrages dans le ruisseau, et essaient d’attraper des petits poissons avec des verres d’eau.
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Avant de quitter ce magnifique endroit où, décidément, tout le monde trouve qu’on est vraiment bien, l’équipe Biodiversité guide les copains Archis à faire un transect papillons le long des ruisseaux. C’est un joyeux moment de partage, où chacun s’enthousiasme à transmettre ses connaissances aux autres sur le maniement du filet à papillon, l’identification d’espèces communes, etc.
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Enfin, nous décidons de reprendre tranquillement la route vers les Choucas. Il fait très chaud, on se rue sous la douche à l’arrivée au centre ! La fin d’après-midi se termine calmement avec le rangement de toutes les affaires de bivouac, le goûter, les retrouvailles et les histoires à raconter aux copains restés au centre, et du repos pour tout le monde !

Samedi 20 juillet 2019
Ce matin, on prépare les retransmissions qui auront lieu cet après-midi avec tous les parents. Les filles sont très inspirées, et préparent un exposé très complet : pour commencer Leena parle du Casse-noix moucheté, oiseau phare de la montagne, puis elle explique la morphologie particulière de la famille des fleurs « viking », les Fabacées. Ensuite Yasmine présente, avec Morgane, les Fourmis rousses des bois, dont on avait vu une énorme fourmilière lundi. Après c’est Elise qui présente le Criquet Popeye, puis les papillons qu’on a le plus observés pendant la semaine, et la méthode d’identification. Enfin, Ann-Laure expose les caractéristiques de la Grenouille rousse, qu’on a vue toute la semaine. Et puis pour clore le spectacle, les filles chantent la chanson qu’elles ont composée dans la montagne pendant le bivouac : une reprise d’une chanson d’Angèle bien connue, « Balance ta bio », qui a eu beaucoup de succès dans l’assemblée ! Bravo !!!

Puis le soir vient le temps de la fondue, miam, tout le monde se régale ! En plus, c’est l’anniversaire de Jean-Baptiste, des Architectes du futur, alors Marie a préparé trois magnifiques et énormes gâteaux, c’est la fête !

Dimanche 21 juillet 2019
En ce dimanche matin, c’est le moment des déchirants adieux... Elise et Leena se disent qu’elles s’écriront, les mamans s’échangent leurs coordonnées, et c’est Iliane, qui reste, qui pleure comme une madeleine toute la matinée... Peut-être que l’on se retrouvera un prochain été !

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